Aujourd’hui, j’ai envie de vous parler d’un autre aspect de ma réalité professionnelle, celle de formateur à Armor Code depuis quatre mois et demi. J’y forme de futurs chargés de projets numériques aux profils très variés. Retour sur cette expérience extrêmement formatrice.

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Armor Code, c’est un programme de formation qui est la rencontre de plusieurs acteurs du territoire : l’AFPA, la Maison de l’Emploi, Kreizenn dafar et j’en passe. Au titre de formateur, je m’occupe de former les chargés de projets numériques à raison de dix-sept heures par semaines. Ce sont des personnes qui, une fois sorties de formation, vont avoir des profils proches du mien, sans les aspects print et communication. À l’issue de la formation, ils auront un titre à passer de niveau Bac + 2.

Une formation innovante

L’une des particularités de cette formation est de se dérouler sur six mois. C’est un véritable marathon. Je ne dirai pas qu’on leur fait vivre un enfer, mais la pression est telle qu’on en est pas loin non plus. Nous sommes des formateurs, mais aussi des facilitateurs voir même – j’y reviendrai plus loin – des coachs.

Des facilitateurs, parce qu’au-delà de la petite partie théorique que l’on délivre à nos apprenants, on les pousse à devenir des autodidactes. Il s’agit de leur redonner cette capacité naturelle d’aller chercher l’information quand le besoin se présente (car cette capacité est bien naturelle, je vous invite à lire les travaux de Maria Montessori pour vous en rendre compte). Ainsi, cette formation mélange-t-elle un peu les genres, puisqu’on va se trouver avec des méthodes pédagogiques classiques et des méthodes davantage liées au développement personnel. Ce mélange des genres est alors utilisé pour former des gens à des métiers du numérique.

Tandis que je m’occupe des chargés de projets numériques, mon collègue Benoît, pour sa part, s’occupe des développeurs web. Et donc, en plus d’être des formateurs et des facilitateurs, on est aussi un peu des coachs. Il va s’agir de pousser nos apprenants à tenir un rythme particulièrement intensif, pour acquérir en six mois ce que certaines formations permettent un an. Et tout ça, sans pré-requis !

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Comment mes apprenants me voient (idée de montage d’un apprenant)

Car si certains avaient déjà des bases de programmation ou Bac+5, d’autres n’avaient strictement rien du tout en matière de bagage. En revanche, le recrutement a été particulièrement soigné afin d’être certains d’avoir à faire à des personnes réellement motivées. Décrochage scolaire, personnes éloignées du milieu de l’emploi, reconversions professionnelles, les profils sont très variés et vont de 18 à 55 ans. On se retrouve alors avec une très grande pluralité de profils, de compétences et cette même envie commune d’apprendre. Le plus impressionnant est de voir qu’après quatre mois de formation, ces personnes ont pour la grande majorité un bon niveau et équivalent.

Et l’humain

Ceci étant dit, après avoir pris le temps de présenter Armor Code, j’aimerai me focaliser un peu plus sur l’aspect humain. Javais cette recherche de sens depuis un long moment qui était celle d’apporter quelque chose d’utile à mon quotidien professionnel. Je me posais cette question : “qu’est-ce que mon métier apporte à la société ?” Car finalement, quand on est dans la communication, notre métier c’est un peu de vendre de l’argent, de permettre aux entreprises d’obtenir les outils pour se démarquer davantage. On peut nous dire qu’on fait du bon travail, des réalisations efficaces, mais quand on œuvre pour des entreprises et non des collectivités, on vend de l’argent. Pas directement, mais c’est quand même la finalité de notre métier. On ne vend pas seulement un matériel à un cuisinier pour lui permettre de pratiquer son métier, mais un service que la société a rendu indispensable. Et cette évolution de la société commençait alors à me gêner de plus en plus dans mon quotidien professionnel.

aetherium-sagesse-yodaCette recherche de sens passe par ajouter de l’humain à ma réalité professionnelle. Ainsi, évoluer dans l’univers de la formation continue y participe, d’autant plus grâce à l’accompagnement dont nous faisons preuve auprès de nos apprenants. Bien que ces derniers doivent sans doute avoir la langue fourchue à notre sujet, un lien fort se créer grâce à la dimension intensive et ce que l’on fait. Et si le fait d’être à un mois et demi de la fin met d’autant plus la pression aux armorcodiens, pour ma part ça me fera drôle quand cette première session prendra fin et que nous serons dans l’attente d’accueillir la seconde promotion pour recommencer à nouveau.

Cette expérience est d’une richesse vraiment très grande. Je dispensais déjà des formations auparavant à des groupes restreints et en tant qu’indépendant. Une, deux, trois personnes, que ce soit sur une demi-journée ou deux jours. Ou encore, des micro-interventions de deux à trois heures auprès de groupe allant jusqu’à quinze personnes. Mais la formation professionnelle continue pour un même groupe, sur plusieurs mois et de façon presque quotidienne, ce n’était pas quelque chose que j’avais déjà expérimenté. Et au-delà de l’aspect humain, la formation est un excellent moyen de monter en compétence soit-même. Pas seulement en tant que formateur, mais parce que ça nous oblige à structurer nos connaissances professionnelles. Ainsi, en creusant les sujets pour élaborer des cours, on structure sa pensée et on y apporte de la cohérence, on améliore alors ses propres compétences.

Être formateur en parallèle d’une activité d’indépendant est vraiment une grande force, car les deux s’apportent mutuellement. Travailler au travers de ces deux réalités professionnelles leurs font s’apporter mutuellement. Certains clients ont même pris en stage de mes apprenants, tandis que de l’excès de travail a pu parfois être confié à ces derniers. Les deux réalités se nourrissent mutuellement et m’apportent davantage, justement parce qu’elles sont présentes l’une et l’autre.

Une expérience que je souhaite donc à tous mes confrères et mes consœurs. Passé quelques années de bagage, c’est une excellente façon d’aller plus loin et d’apporter une autre dimension à son quotidien professionnel.

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Sébastien DROUIN

Sébastien DROUIN

Consultant en communication, designer graphique, blogueur, formateur, chroniqueur radio, catholic veggie, zèbre et râleur joyeux. Mi-ours, mi-panda et re-mi-ours derrière.

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