Comme tout, la prestation d’un freelance n’est pas gratuite et a un prix. Mais celui-ci peut souvent sembler obscure. Voici une petite notice pour vous aider à comprendre le prix de votre prestataire, ou fixer le votre si vous êtes indépendant.

aetherconcept-prix-graphiste

Ce sont des questions que je lis souvent sur les réseaux sociaux et à laquelle je suis également confronté de la part des clients : comment un indépendant fixe-t-il son prix ? Qu’est-ce qui se cache derrière ? Je parle ici uniquement de la prestation de service et exclu les coûts liés aux impressions des supports, à l’hébergement d’un site et au nom de domaine.

Un freelance, quelque soit son domaine (graphiste, illustrateur, développeur, etc.), calcule généralement son prix en se basant sur le modèle suivant : [(Tarif d’une durée “n”) X (nombre de “n”)] + suppléments. Le dit supplément correspond aux éventuelles fournitures liées à la prestation (prototypages, typographies, images, etc.) ou aux droits d’auteur s’ils sont facturés. Pour ma part, je m’arrange pour que le client reçoive directement les factures des autres prestataires et je privilégie les Creative Commons pour la gestion de mes droits d’auteur. Ainsi, J’applique la formule suivante :

Tarif horaire X nombre d’heures travaillées

Cette formule vaut pour absolument toutes les prestations allant du print au web, en passant par le montage photo ou l’illustration. A vous de l’adapter à votre fonctionnement.

“Mais le taux horaire, il correspond à quoi ?”

Dans la vie il faut payer : à manger, ses charges (à prendre en compte même si on est en portage salarial), ses frais (matériel informatique, téléphone, internet, carburant, etc.), ses impôts, ses factures, quelques loisirs, et puis épargner, et penser aux études des mômes, et ne pas oublier sa retraite car notre génération peut courir pour toucher un radis quand notre âge sera venu, etc. Bref, à défaut d’un revenu de base pour tous, on a besoin d’un salaire. Il y a ce qu’on aimerait toucher, et ce dont on a impérativement besoin pour vivre correctement un minimum. Pour ma part, j’ai fixé mon salaire quelque part entre ces deux notions pour calculer mon taux horaire.
Ensuite, posez-vous cette question : combien d’heures souhaitez-vous travailler par mois, dont combien pour vos clients ? Car attention, il faut prendre en compte les heures à démarcher, aller voir des partenaires et entretenir les réseaux. Appliquez alors cette formule pour définir votre taux horaire :

(Salaire brut souhaité + charges + frais) / nombre d’heures que vous envisagez de facturer par mois
Voila, vous avez votre taux horaire hors-taxes.

“Okay, mais comment se calcule un devis ?”

Il faut savoir se quantifier. Le freelance doit être capable de savoir combien de temps il va prendre pour réaliser un projet, à peu de choses prêt. Certains préfèrent fonctionner au forfait car ils n’arrivent pas à se quantifier, ça les regarde. Mais le risque est d’exploser le compteur-temps, pour se retrouver au final avec un taux horaire ridicule arrivé à la fin du projet. Attention à ne pas vous faire avoir par certains clients comme Dave le ferait avec Elton John Car quelques filous profitent du forfait pour demander pléthore de modifications. Aussi, si vous êtes indépendant et que vous optez malgré tout pour un fonctionnement au forfait, précisez un nombre d’aller-retours de corrections dans votre devis. Ca vous évitera des ennuis.

Calcul des droits d’auteurs

J’ai déjà exprimé plus haut ma position à ce sujet. Toutefois, certains choisissent de calculer le montant de leurs droits en fonction de plusieurs critères comme la taille de l’entreprise, sa renommée, le mode de diffusion du support, etc. Pour calculer les droits d’auteurs, il existe un outil : CalKulator. L’inconvénient, c’est que que les tarifs affichés sont parfois exorbitants… Comme l’explique l’AFD, on peut changer le montant de ce taux horaire dans CalKulator, mais pour ça il faut souscrire à la version payante de l’outil. Que vous soyez adepte de cette méthode, de celle des Creative Commons ou autre, dans tous les cas précisez votre positionnement vis-à-vis du droit d’auteur dans vos conditions générales de vente pour être tranquille.

“Mais alors pourquoi c’est cher un freelance ?”

aetherconcept-take-moneyJe ne vais pas m’étaler sur le sujet, l’article de Christelle Mozzati l’expliquant bien. Pour faire simple, un freelance ce n’est pas “cher” : nous avons un métier qui prend du temps. Du temps pour le brief créatif, les réunions, les recherches, les essais, les corrections, les échanges, le suivi de fabrication, etc. Au final, le client en a pour son argent. Donc oui, un freelance peut coûter de l’argent selon ce que le commanditaire souhaite, mais ce n’est pas cher. C’est uniquement payé à juste titre pour le travail accompli et à prévoir dans son budget comme on le ferait avec n’importe quel autre fournisseur.

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Sébastien DROUIN

Sébastien DROUIN

Consultant en communication, designer graphique, blogueur, formateur, chroniqueur radio, catholic veggie, zèbre et râleur joyeux. Mi-ours, mi-panda et re-mi-ours derrière.

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